Bouffées de chaleur à la ménopause : pourquoi, combien de temps, que faire
Une vague de chaleur qui monte au visage, le cou qui rougit, des sueurs, puis parfois des frissons : les bouffées de chaleur sont le symptôme le plus connu de la ménopause. Elles sont sans danger, mais peuvent devenir très gênantes, de jour comme de nuit.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale. Il ne donne aucune posologie. En cas d'urgence, appelez le 144.
Que se passe-t-il pendant une bouffée de chaleur ?
Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) décrivent la bouffée de chaleur comme une sensation de chaleur avec rougeur du cou et du visage, souvent accompagnée de sueurs importantes. Leur fréquence, leur durée et leur intensité varient beaucoup d'une femme à l'autre. La nuit, on parle de sueurs nocturnes : elles peuvent réveiller plusieurs fois et perturber durablement le sommeil.
Ces épisodes sont liés à la baisse et aux fluctuations des œstrogènes autour de la ménopause. Cette variation hormonale dérègle le « thermostat » situé dans le cerveau : le corps réagit comme s'il avait trop chaud et cherche à évacuer cette chaleur en dilatant les vaisseaux de la peau et en transpirant. Les recherches ont montré qu'un messager du cerveau, la neurokinine B, joue un rôle dans cette régulation de la température. C'est précisément la cible d'un traitement non hormonal récent, dont nous parlons plus bas.
Les médecins regroupent bouffées de chaleur et sueurs nocturnes sous le terme de symptômes vasomoteurs. Vous le rencontrerez souvent dans les recommandations officielles.
Combien de temps durent-elles ?
C'est la question que posent presque toutes les femmes, et la réponse est souvent plus longue qu'on ne l'imagine. La grande étude américaine SWAN, qui a suivi 1 449 femmes pendant leur transition ménopausique, a mesuré une durée médiane des symptômes vasomoteurs de 7,4 ans. Après les dernières règles, ils persistaient en moyenne encore 4,5 ans.
L'étude montre aussi que le moment où les bouffées apparaissent compte : lorsqu'elles commencent tôt, avant la ménopause ou au début de la périménopause, elles durent plus longtemps (plus de 11 ans en médiane). Lorsqu'elles n'apparaissent qu'après les dernières règles, elles sont plus courtes (environ 3 ans et demi).
Ces chiffres sont des moyennes : certaines femmes n'ont presque jamais de bouffées de chaleur, d'autres en ont pendant de nombreuses années. Il n'est donc pas raisonnable de « serrer les dents en attendant que ça passe » si les symptômes pèsent sur votre quotidien.
Ce que vous pouvez faire au quotidien
Les HUG recommandent quelques mesures d'hygiène de vie qui profitent à la santé en général et peuvent aider à mieux vivre cette période : arrêter de fumer, limiter l'alcool, pratiquer une activité physique régulière et adopter une alimentation équilibrée.
Au quotidien, de petits ajustements soulagent souvent :
- s'habiller en plusieurs couches faciles à enlever, privilégier les matières respirantes ;
- garder la chambre fraîche et choisir une literie légère ;
- avoir de l'eau fraîche à portée de main, au bureau comme la nuit ;
- noter pendant quelques semaines quand surviennent les bouffées : certaines femmes repèrent des déclencheurs personnels (boisson chaude, alcool, repas, stress). Ce carnet est aussi très utile pour la consultation.
La thérapie cognitivo-comportementale
La mise à jour de novembre 2024 de la recommandation britannique NICE sur la ménopause a renforcé la place de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Selon cette mise à jour, la TCC peut réduire la fréquence et l'intensité ressentie des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, et améliorer certains aspects du sommeil. Elle peut être proposée seule, lorsque le traitement hormonal n'est pas possible ou pas souhaité, ou en complément de celui-ci. Elle ne fait pas disparaître les bouffées, mais elle aide à mieux les vivre.
Le traitement hormonal
Pour les symptômes vasomoteurs, la recommandation NICE indique de proposer un traitement hormonal de la ménopause (THM) : un œstrogène associé à un progestatif pour les femmes qui ont encore leur utérus, un œstrogène seul pour celles qui n'en ont plus. Les HUG soulignent qu'il améliore la qualité de vie en cas de symptômes très gênants et diminue le risque d'ostéoporose, et que la décision se prend avec votre gynécologue.
Le THM n'est pas adapté à toutes les femmes. Ses bénéfices et ses risques dépendent de votre âge, du temps écoulé depuis la ménopause, de vos antécédents et de la forme du traitement. Nous y consacrons un article complet : traitement hormonal de la ménopause, bénéfices et risques.
Les traitements non hormonaux
Depuis décembre 2023, Swissmedic a autorisé en Suisse le fézolinétant (Veoza), un médicament non hormonal destiné au traitement des bouffées de chaleur modérées à sévères chez les femmes ménopausées. Il agit en bloquant dans le cerveau l'action de la neurokinine B. Swissmedic précise qu'il peut provoquer des atteintes du foie et que les valeurs hépatiques doivent être surveillées régulièrement. Comme tout médicament, il se prescrit après une évaluation médicale.
D'autres médicaments non hormonaux peuvent être envisagés dans certaines situations. La recommandation NICE précise toutefois que certains antidépresseurs (ISRS) ne doivent pas être proposés d'emblée lorsque les bouffées de chaleur sont le seul problème. Le choix se discute au cas par cas.
Et les plantes ?
Beaucoup de produits sont vendus en pharmacie ou en ligne. Selon NICE, il existe quelques données suggérant que les isoflavones ou l'actée à grappes noires (cimicifuga) peuvent soulager les bouffées de chaleur, mais leur sécurité est incertaine, la qualité des préparations varie et des interactions avec des médicaments ont été rapportées. Le millepertuis est déconseillé aux femmes ayant, ou risquant fortement d'avoir, un cancer du sein, en raison d'interactions possibles, notamment avec le tamoxifène. Les HUG rappellent de leur côté que certains traitements « naturels » n'ont pas été étudiés scientifiquement. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant d'en prendre, surtout si vous suivez déjà un traitement.
Quand consulter ?
- Lorsque les bouffées de chaleur ou les sueurs nocturnes perturbent votre sommeil, votre travail ou votre vie sociale.
- Lorsque vous avez un doute sur leur origine : d'autres causes (thyroïde, infection, certains médicaments) doivent parfois être écartées, surtout si les symptômes sont inhabituels.
- Lorsque vous souhaitez connaître vos options de traitement, hormonales ou non, en fonction de vos antécédents.
Avant la consultation, notez la fréquence de vos bouffées, leur intensité, leur effet sur vos nuits, vos traitements en cours et vos antécédents familiaux. Ces informations aident la médecin à vous proposer la solution la plus adaptée.
Faire le point avec une médecin
Vos bouffées de chaleur vous gâchent les journées ou les nuits ? Demandez une consultation ménopause en vidéo : nous vous rappelons sous 48 heures ouvrables pour fixer un créneau. Vous habitez à Genève ou dans le canton de Vaud ? Les consultations sont assurées par des médecins autorisées à pratiquer dans votre canton.
Sources
- HUG – Mieux vivre votre ménopause
- Avis et al., Duration of menopausal vasomotor symptoms (étude SWAN), JAMA Internal Medicine 2015
- NICE NG23 – Menopause: identification and management, recommandations
- The Menopause Charity – résumé de la mise à jour NICE de novembre 2024
- Swissmedic – Rapport succinct d'autorisation Veoza (fézolinétant)
Faits vérifiés le 1er novembre 2026. Ce contenu est revu lorsque les recommandations évoluent.