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Article · publié le 1er novembre 2026

Traitement hormonal de la ménopause : bénéfices et risques selon les recommandations actuelles

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) a longtemps fait peur. Les recommandations actuelles sont plus nuancées : pour beaucoup de femmes en bonne santé gênées par leurs symptômes, les bénéfices l'emportent sur les risques, à condition que la décision soit individualisée.

Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale. Il ne donne aucune posologie. En cas d'urgence, appelez le 144.

Qu'est-ce que le traitement hormonal de la ménopause ?

À la ménopause, les ovaires cessent de produire des œstrogènes et de la progestérone. Le THM vise à compenser cette baisse. Les HUG le décrivent comme un traitement qui remplace ces deux hormones, améliore la qualité de vie en cas de symptômes très gênants et diminue le risque d'ostéoporose.

Concrètement, le traitement repose sur un œstrogène. Chez les femmes qui ont encore leur utérus, il est associé à un progestatif, qui protège la muqueuse de l'utérus. Chez celles qui n'ont plus d'utérus, un œstrogène seul suffit, comme le précise la recommandation britannique NICE. Il existe plusieurs formes : comprimés, patchs, gels appliqués sur la peau, ainsi que des traitements locaux vaginaux pour la sécheresse intime.

Pourquoi les avis ont-ils changé ?

Au début des années 2000, la publication de grandes études a provoqué une forte méfiance envers le THM, et de nombreuses femmes ont arrêté leur traitement. Les analyses menées depuis ont permis de mieux comprendre pour qui, à quel moment et sous quelle forme le traitement présente des risques. C'est pourquoi les recommandations récentes ne disent ni « le THM est dangereux », ni « le THM convient à toutes », mais insistent sur une évaluation personnalisée.

Les bénéfices reconnus

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : NICE recommande de proposer un THM pour ces symptômes vasomoteurs. C'est le traitement de référence lorsqu'ils sont gênants. Voir notre article sur les bouffées de chaleur.
  • Os : selon NICE, le risque de fracture de fragilité diminue pendant le traitement. Ce bénéfice se maintient un certain temps après l'arrêt, plus longtemps lorsque le traitement a été pris longtemps. Voir ménopause et santé des os.
  • Sécheresse et inconfort intimes : NICE recommande de proposer un œstrogène vaginal en cas d'atrophie urogénitale, y compris chez les femmes qui prennent déjà un THM général, aussi longtemps que nécessaire. Des hydratants et lubrifiants peuvent être utilisés seuls ou en complément.
  • Qualité de vie : sommeil, énergie, humeur et concentration s'améliorent souvent lorsque les symptômes vasomoteurs diminuent.

Les risques, sans les exagérer ni les minimiser

La recommandation NICE, mise à jour en novembre 2024, résume les connaissances actuelles :

  • Cancer du sein : un THM associant œstrogène et progestatif peut être associé à une augmentation du risque de cancer du sein. Cette augmentation dépend de la durée du traitement et diminue après l'arrêt. Un œstrogène seul (chez les femmes sans utérus) est associé à peu ou pas de changement de ce risque.
  • Thrombose veineuse : le risque de caillot sanguin lié au THM est plus élevé avec les formes orales (comprimés) qu'avec les formes transdermiques (patchs, gels). La voie transdermique peut être envisagée chez les femmes plus à risque, par exemple en cas de surpoids important.
  • Accident vasculaire cérébral : les œstrogènes oraux, mais pas les formes transdermiques, sont associés à une petite augmentation du risque d'AVC.
  • Cœur : le THM n'augmente pas le risque de maladie cardiovasculaire lorsqu'il est commencé avant 60 ans.
  • Démence : l'effet du THM sur le risque de démence n'est pas connu.
  • Diabète : le THM n'est pas associé à une augmentation du risque de diabète de type 2.

Ces données concernent des groupes de femmes. Votre risque personnel dépend de votre âge, de vos antécédents personnels et familiaux, de votre poids, du tabac et d'autres facteurs. Certaines situations, par exemple certains antécédents de cancer ou de thrombose, rendent le traitement déconseillé ou demandent un avis spécialisé.

Le moment et la forme comptent

Dans sa prise de position de 2022, The Menopause Society (société nord-américaine de la ménopause) conclut que, pour la plupart des femmes en bonne santé qui ont des symptômes, avant 60 ans ou dans les 10 ans qui suivent la ménopause, les bénéfices du traitement hormonal l'emportent généralement sur les risques. Elle souligne aussi que :

  • les voies transdermiques et les doses plus faibles peuvent réduire le risque de caillots et d'AVC ;
  • il n'y a pas lieu d'arrêter systématiquement le traitement à 60 ou 65 ans : sa poursuite peut se discuter selon les symptômes, la qualité de vie ou la prévention de l'ostéoporose, après une réévaluation ;
  • le choix doit être partagé entre la patiente et la médecin, et réévalué régulièrement.

Pour les femmes dont la ménopause survient tôt, la logique est différente : le traitement est en général recommandé au moins jusqu'à l'âge habituel de la ménopause. Voir notre article sur la ménopause précoce.

Le suivi

Un THM n'est pas un traitement « à vie » décidé une fois pour toutes. Il se réévalue régulièrement avec votre médecin : efficacité sur les symptômes, effets indésirables, évolution de votre santé, souhait de poursuivre ou d'arrêter. Les dépistages habituels (gynécologique, mammographie selon votre âge et votre canton) continuent. Les saignements inhabituels sous traitement doivent être signalés.

Ce site ne recommande aucun produit ni aucune posologie : la forme, la dose et la durée se décident uniquement lors d'une consultation, à partir de votre situation.

Les questions à préparer pour votre consultation

  • Quels symptômes me gênent le plus, et depuis quand ?
  • Quels sont mes antécédents personnels et familiaux (cancer du sein, thrombose, maladie cardiaque, migraine, ostéoporose) ?
  • Ai-je encore mon utérus ? Ai-je encore des règles, même irrégulières ?
  • Quelle forme me conviendrait le mieux (patch, gel, comprimé, traitement local) ?
  • Quelles alternatives non hormonales existent si je ne souhaite pas de THM ?
  • Quand faire le point et comment arrêter le traitement si je le souhaite ?

Faire le point avec une médecin

Vous vous demandez si un traitement hormonal est adapté à votre situation ? Demandez une consultation ménopause en vidéo : nous vous rappelons sous 48 heures ouvrables pour fixer un créneau. Vous habitez à Genève ou dans le canton de Vaud ? Les consultations sont assurées par des médecins autorisées à pratiquer dans votre canton.

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Sources

Faits vérifiés le 1er novembre 2026. Ce contenu est revu lorsque les recommandations évoluent.